Le 27 novembre 2006, il est déclaré par la Cour suprême de Justice gagnant du deuxième tour de l'élection présidentielle, organisé le 29 octobre 2006, devenant ainsi président de la République[4].
Il est réélu le et la cérémonie d'investiture se déroule le 20 décembre suivant, mais son principal adversaire, Étienne Tshisekedi, conteste les résultats et s'est également proclamé président de la République, prévoyant d'être investi le vendredi 23 décembre 2011[5].
Sous le régime de Mobutu, il est en exil en Tanzanie où il se fait appeler, pour des raisons de sécurité liée à sa clandestinité, Hippolyte Kabange Mtwale[6]. Il est inscrit à l’école française de Dar es Salaam. Il s’occupe également des pêcheries que son père possédait alors sur le lac Tanganyika. En octobre 1996, il rejoint ce dernier, lors de la première guerre du Congo et est formé au métier des armes par le chef d’état-major de l’armée rwandaise, James Kabarebe. Il devient Major-général.
En 1998, alors que son père est président, il a tenté de stopper la guerre civile et fait retirer, avec succès, les troupes étrangères stationnées dans le pays. Il participe cependant à la bataille de Pweto en novembre 2000.
Après avoir dû quitter la faculté de droit de l'université de Makerere pour aider son père, Joseph Kabila a obtenu un baccalauréat ès arts en relations internationales à la Washington International University, institut d'enseignement supérieur à distance non reconnu par le département d'éducation des États-Unis[3],[7].
Président par intérim (2001-2006)
Puis en 2001, à la suite de l'assassinat de son père, il est désigné par l'entourage de ce dernier pour tenir la présidence de la République démocratique du Congo.
Le palais de la Nation, résidence officielle du président de la République démocratique du Congo.
À la suite d'un accord de paix, le dialogue inter-congolais, qui met fin à la deuxième guerre du Congo, un gouvernement de transition a été mis en place en 2003 et comporte les chefs des deux principaux groupes rebelles qui deviennent ainsi « vice-présidents ». Cette transition prévue pour durer 2 ans devait déboucher sur des élections avant la fin de l'année 2005. En fait, les retards dans l'exécution la repoussent jusqu'à fin 2006.
En février 2004, Kabila effectue un voyage officiel en Belgique. Il présente son pays aux investisseurs européens[8]. Lors de son allocution au Sénat belge il déclare : « L'histoire de la République démocratique du Congo, c'est aussi celle des Belges, missionnaires, fonctionnaires et entrepreneurs qui crurent au rêve du Roi Léopold II de bâtir, au centre de l'Afrique, un État. Nous voulons rendre hommage à la mémoire de tous ces pionniers. »[9] Cette prise de position lui a été reprochée et ses propos qualifiés de « révisionnistes »[10].
Le , des supporters de l'ancien président Mobutu Sese Seko tentent en vain de renverser Joseph Kabila par un coup d'État.
Depuis son arrivée au pouvoir, Joseph Kabila doit faire face à des guerres répétées dans l'Est du Congo où des forces rebelles internes ou appuyées par des gouvernements voisins (Ouganda, Rwanda) tentent de déstabiliser le pays par la violence, le crime, le pillage des ressources. Néanmoins ces rebelles sont aussi motivés par autre chose que l'appât du gain et le contrôle des mines d'or et de diamant : les anciens génocidaires hutu se réarment au Congo et mènent des raids militaires au Burundi. Le Rwanda comme le Burundi qui souhaitent entrer dans une période de calme dans la région des Grands Lacs, pourchassent les miliciens interahamwe dans l'Est de la RDC.
La famille de Joseph Kabila recevra 36 millions de dollars US de l’État congolais, comme dommages et intérêts pour le meurtre de sa tante Espérance Kabila par le colonel Mwamba Takiriri[11].
Joseph Kabila s'est présenté à l'élection présidentielle du Congo en 2006. Il a été accusé par ses opposants de ne pas être congolais mais tanzanien (tantôt rwandais). Ces arguments qui n'ont aucun fondement historique n'ont pas été considérés comme recevables par la Cour suprême congolaise. Des combats à l'arme lourde ont aussi eu lieu dans Kinshasa contre son rival du second tour, Jean-Pierre Bemba.
Pour la campagne Joseph Kabila fait appel à une compagnie de relations publiques basée à Washington, D.C., Stevens and Schriefer Group, qui s'était précédemment occupé de deux campagnes électorales de George W. Bush[12].
En 2011, Joseph Kabila est proclamé vainqueur de l'élection présidentielle de 2011 par la CENI (Commission électorale nationale indépendante). Le processus électoral est considéré comme entaché d'irrégularités et non crédible par certaines organisations internationales dont le Centre Carter[13] et la Mission d'observation des élections de l'Union européenne[14].
Le , les autorités de la République démocratique du Congo annoncent avoir déjoué un complot visant à assassiner le président Joseph Kabila et à renverser le gouvernement[15].
Congolité et identité
Il y a une polémique populaire sur la naissance de Joseph Kabila, ses détracteurs affirmant qu'il serait le fils de Laurent-Désiré Kabila et d'une femme tutsie, Marcelline Mukambukuje (ce qui était mal vu durant le conflit), ou même d'autres origines. Quelques jours avant qu'il ne devienne président en 2006, le gouvernement avait révélé que sa mère était une Congolaise du Maniema, Sifa Mahanya. Par la suite l'opposition présente Étienne Kabila qui se déclare aussi fils de Laurent-Désiré Kabila et qui affirme que Joseph Kabila est le fils d'un ancien opposant rwando-tanzanien, Christophe Adrien Kanambe, et de Marcelline Mukambukuje, résidant en Ouganda. Selon lui, il a été adopté par Laurent-Désiré Kabila après la mort de son père[16].
Le gouvernement publie plus tard des photos de famille ainsi qu’un témoignage de Sifa Mahanya affirmant son identité officielle[3].
En 2001, Erik Kennes, un chercheur du CEDAF, dans sa biographie de Laurent-Désiré Kabila, retrace l’enfance de Joseph Kabila, montre que celui-ci est le fils de Kabila et Sifa Mahanya, donne le nom de l’accoucheuse des jumeaux Kabila et explique que Joseph Kabila dut aller à l’école française sous le nom d’Hippolite Kabange Mtwale pour des raisons de sécurité[17]. Pour Ludo Martens, ce livre met fin à la polémique relative à l’origine de Joseph et de Jaynet Kabila, mais a quelques lacunes[18]. En 2006, dans un interview pour Le Soir, Sifa Mahanya contredit certains des faits décrits par Kennes dans son livre[19].
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